KIM

KIM

13 followers
Radio Lee Doo par Christophe Conte Certains entendront parler ici de Kim pour la premiùre fois. A l’occasion de la sortie de son
19ùme album ! Sa situation, que l’on se pl... read more
Kim MyspaceKim BeatportKim FacebookKim TwitterKim Youtube

Information

Biography

Language: English

Radio Lee Doo par Christophe Conte

Certains entendront parler ici de Kim pour la premiĂšre fois. A l’occasion de la sortie de son
19Ăšme album ! Sa situation, que l’on se plaira Ă  trouver plus cocasse que vĂ©ritablement scandaleuse, est parfaitement unique dans le paysage artistique français : celle d’un Ă©ternel adolescent de 34 ans qui continue Ă  jouer de la musique, au sens « joueur » du terme, Ă  s’en jouer parfois. Kim, pourtant, n’est plus tout Ă  fait ce bricoleur de chansons apparu au milieu des annĂ©es

90, influencĂ© par le paupĂ©risme lo-fi et l’antifolk AmĂ©ricain, qui manquait alors moins d’inspiration que de moyens. Il apparaĂźt depuis plusieurs disques dĂ©jĂ  comme un authentique dĂ©miurge pop mĂątinĂ© d’un sĂ©ducteur funky, croisement revendiquĂ© de Todd Rundgren et de Robert Palmer, pĂ©tri d’idĂ©es extravagantes et armĂ© d’une sĂ©rieuse aptitude Ă  Ă©crire des mĂ©lodies imparables. Talents multiples dont Radio Lee Doo apparaĂźt aujourd’hui comme l’idĂ©ale caisse de rĂ©sonance.

Cet album, qui referme une trilogie entamĂ©e en 2008 avec Don Lee Doo et poursuivie l’annĂ©e suivante avec Mary Lee Doo, expose avec encore plus de majestĂ© et d’aplomb cette grammaire musicale personnelle que Kim aura mis prĂšs de quinze ans – et plus de 300 chansons – Ă  dĂ©finir. Cannois d’origine, puis Bordelais hyperactif sur la scĂšne locale avant de venir s’installer Ă  Paris, Kim Giani a dĂ©jĂ  eu mille vies musicales – et au moins deux personnelles, aprĂšs une

dĂ©couverte stupĂ©fiante Ă  l’ñge de 14 ans. Sa façon d’embrasser avec maĂźtrise tous les styles en fait une sorte de mutant hĂ©rĂ©tique, hors des chapelles et des bĂ©nitiers sinistres du rock et de la pop indie traditionnels. Ajoutons Ă  cela que notre homme, batteur (de jazz) Ă  l’origine, joue sur ses albums de tous

les instruments – Ă  l’exception des cuivres et des cordes sur le nouveau -, qu’il produit et rĂ©alise seul ses disques et qu’une fois sur scĂšne il rĂ©invente en improvisant tout son glorieux rĂ©pertoire. Olivia Ruiz ou rĂ©cemment Yuksek ont fait appel Ă  ses services mais il n’est jamais plus heureux que lorsqu’il respire son propre oxygĂšne, Ă  l’intĂ©rieur de sa bulle unique et fantasque, multipliant sur Internet les interventions Dada, jonglant avec les identitĂ©s en leader d’un gang des pastiches dĂ©lirant. Mais revenons Ă  Radio Lee Doo, car Ă  dĂ©tailler les innombrables cordes de son arc – il dessine aussi des comics et possĂšde sa propre tĂ©lĂ© sur le net – on en oublierait presque de prĂ©ciser qu’avec ce nouvel album Kim vient de mettre dix flĂšches irrĂ©sistibles en plein dans le mille. A l’instar des grandes oeuvres baroques de Todd Rundgren dans les seventies – A Wizard, A True Star (« un sorcier, une vraie star », dĂ©finition qui marche aussi pour Kim), Radio Lee Doo nous agrippe d’emblĂ©e avec la chanson titre, vĂ©ritable tube radio (Lee Doo)

et son accordĂ©on qui rappellera aux plus attentifs celui du This Is The Day de The The, dont l’esprit libre Matt Johnson est une autre des idoles de Kim.

AprĂšs cette entrĂ©e en fanfare, c’est comme si l’on se retrouvait aspirĂ© dans un tunnel ultra sensoriel pour un grand voyage Ă  l’intĂ©rieur de quarante ans d’histoire musicale, passant de la pop FM 80 la plus criarde (To Kremlin) aux expĂ©rimentations soniques les plus dĂ©routantes, de la musique ethno psychĂ©dĂ©lique (Don Lee Doo) aux ballades faussement saccharinĂ©es et authentiquement perverses façon 10CC (Muriel), du latin jazz tordu (La

Dolce Lee Doo) au glam-punk (I’m Getting Old), des Sparks à OutKast.

En Merlin l’enchanteur (ou Swan de Phantom Of The Paradise) hyper cultivĂ© mais animĂ© d’un esprit ludique, il a imaginĂ© un labyrinthe sonore oĂč tout le monde pourra se sentir Ă  son aise, retrouvera ses marques malgrĂ© les surprises, un peu comme avec un grand jeu de piste dans un parc d’attractions, mais sans file d’attente. En piĂšce centrale de cet incroyable parcours, on trouve Uptown, chanson cinq Ă©toiles et ronce de noyer qui pourrait aisĂ©ment appartenir au rĂ©pertoire de Phoenix, voire Ă  celui de Justin Timberlake, et servir de gĂ©nĂ©rique Ă  un blockbuster US. The Sunlights Never Came dĂ©plore l’un des titres. Avec Radio Lee Doo, 19Ăšme album de Kim, Il se pourrait enfin que ça change.

Links

 
Kim